Une rando 100 % french, 100 % fraîche

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La French connection. Ainsi pourrait-on appeler cette virée dans l’ile du sud qui ont conduit les deux Français que nous sommes, Jean-Louis – autre ami d’enfance venu nous rendre visite – et moi, sur le French ridge track avec nuit au French ridge hut. C’était il y a plus d’un mois maintenant. Mais ça restera un souvenir impérissable. Jean-Louis prend la main pour nous raconter cette virée. (François)

Jean-Louis, le 25 mai 2019

Le Tongariro Alpine Crossing, rando néozélandaise mythique accomplie quelques jours auparavant dans la froidure – voir le diaporama en fin de post -, m’avait mis en appétit. Et cette rando de deux jours que François avait inscrit la semaine suivante dans l’île du Sud, me mettait l’eau à la bouche. Une virée de 17 km aller et autant en retour, classée advenced. Objectif à atteindre : le French Ridge Hut, un refuge d’altitude où l’on doit passer la nuit avant de rebrousser chemin.

Lundi 20 mai, de bonne heure, nous prenons l’avion pour Queenstown, dans l’île du Sud. Météo oblige, on a prévu de s’élancer le lendemain de Wanaka pour cette rando sur le French ridge track. Le mardi donc, départ dès potron-minet de Queenstown. Nous arrivons à Wanaka avant 9h. Nous allons prendre des informations au Département of conservation, équivalent de notre conservatoire du littoral mais qui s’occupe aussi de l’intérieur des terres.

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Quoi de neuf DOC ?

Nous sommes reçus par une Française qui nous explique, on le savait déjà, que la météo du jour est bonne, mais que celle du lendemain sera pluvieuse. Et que le retour sera compliqué sur cette randonnée quelque peu engagée.

On est équipé, plutôt bien d’ailleurs. On est confiant. Le visage de notre interlocutrice aura mimé quelques grimaces inquiétées, mais rapidement estompées pour ne pas nous inquiéter ou parce qu’en habituée cela lui semble tout à fait accessible. On paie les 25 $ par personne de taxe obligatoire d’accès au refuge puis on quitte le DOC.

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Déjà l’aventure avant même le départ

On s’arrête chez le loueur du coin pour un réchaud à gaz et on reprend la route. C’est désormais 57 km qui nous séparent du car park, point de départ de la course. Ces 57 km, ne se font pas si facilement. Ils se décomposent de la moitié en route et le reste en piste avec des passages à gué qui avoisinent les 20 cm d’eau pour certains. La Suzuki est mise à rude épreuve !

Nous arrivons au bout d’une bonne heure au car park. Il fait beau, mais plutôt froid. On se change. Nous remplaçons nos baskets par nos chaussures de marche, enfilons le pantalon de randonnée, gardons les couches supérieures que nous complétons avec le coupe vent. La paire de gants viendra s’ajouter à notre panoplie, enfin nous ajustons les sacs à dos en enlevant le superflu.

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La patate se fait attendre

Notre randonnée commence à 10h45. Plutôt tard pour un trek de ce type estimé entre 6 et 8h et un soleil qui décline dès 18h. C’est parti, nous longeons la rivière Matukituki durant deux bonnes heures jusqu’au déjeuner. Quasiment pas d’ascension pour l’instant; nous sommes encore au niveau de la rivière.

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Un stop de 45 minutes et c’est reparti. On passe le refuge Aspiring Hut, on continue de longer la rivière. Une heure plus tard, pas plus d’ascension que cela. Je sens en moi une légère inquiétude. L’ascension totale fait 1100 m et plus de trois heures et demie de marche plus tard, aucun dénivelé avalé !

De plus, les grands espaces nous montre le chemin à perte de vue toujours le long de la rivière. On finit par croiser un couple de Néerlandais qui nous dit que l’ascension dure trois heures. Nos montres nous indiquent avoir déjà parcouru 14 km, On s’attend avec François à une ascension difficile.

Pieds nus dans l’eau glacééééée !

Le kilomètre suivant est tranquille. Une rivière à traverser et c’est le début de l’ascension. Sauf que cette fois-ci, pas de pont ! Les galets qui jonchent le lit du Matukituki depuis le début de notre périple ne montrent pas le bout de leur nez; pas d’appui au sec pour traverser en chaussures. Nous devons avancer donc on traversera pieds… nus.

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L’eau est glacée ! La traversée est courte, mais on aura besoin de quelques minutes pour s’essuyer, remettre ses chaussettes puis ses chaussures et se réchauffer. François qui avait les pieds déjà humides – ses chaussures voyageuses commencent à rendre l’âme -, vit moins bien que moi cet épisode. Mes chaussures, récentes, me conservent les pieds au secs, tandis que François ploc-ploquera jusqu’au retour.

À la sortie de la rivière, le chemin s’enfonce vers la montagne, 50 m plus loin. On entame l’ascension finale. Elle sera longue. lnterminable même vers la fin. Mais on finit par apercevoir les latrines, situées à l’écart du refuge. Le jour commence à s’effacer.

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Accueillis par les Kéas

Nous sommes accueillis par les Kéas, un groupe de perroquets endémique de Nouvelle-Zélande, qui a élu domicile autour du refuge.

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Ce dernier est vide, il le sera la nuit complète. Il y fait 8 degrés. Il y a des matelas. François les regroupera pour nous faire un refuge dans le refuge et garder le peu cette chaleur que nous espérons dégager.

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Vers 18h30 nous décidons de dîner, mais pas de chance, la réserve d’eau est vide. Les Kéas ont déboité la gouttière. On doit donc faire plusieurs aller-retour dans le noir afin de récupérer de la neige pour la faire fondre. Toujours accompagné des Kéas qui, dans la nuit, ne manquent pas de nous rappeler un certain film de Hitchcock.

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Le repas est très moyen, des pâtes à la bolognaise en sachet lyophilisé, un café de même nature. Les vêtements de François sont trempés. Il passe prêt d’une heure, à chercher la meilleur solution pour étendre ses affaires afin qu’elles sèchent. Il utilisera le réchaud, les files à étendre, mais dans une ambiance à 8 degrés l’espoir de reprendre le chemin inverse au sec est mince.

On se couche vers 20h, pour une nuit à ne quasiment pas dormir… Surtout depuis que François a décidé de s’éloigner de moi vers 2h du matin parce qu’il semblerait que je ronfle. On me dit depuis peu que je ne fais que ronronner…

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Le Gore Tex ne fait pas tout

On sort des duvets vers 7h. Et sans surprise, il pleut abondamment. On espère une accalmie. Le petit déjeuner au yaourt lyophilisé est étonnamment bon. On refait les sacs, François remet ses vêtements humides. Je compatis. Il est 9h. On ne peut plus attendre. Il pleut toujours abondamment, on redoute la descente glissante.

François part trempé. Intérieurement, je me dis chanceux d’avoir acheté cette paire de chaussures de haute montagne, qualité Gore Tex, avant de partir. Mais cette petite victoire est de courte durée. Au bout d’une heure, j’ai une sensation humide sur les pieds. Mes chaussures prennent l’eau ! Je ne comprends pas pourquoi.

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Descente sans encombre

Nous mettrons une bonne heure à descendre ce qu’il nous a pris 2h30 à monter la veille. Nous sommes trempés. On ne retraversera pas la rivière pieds nus cette fois-ci. Nous préférons faire un détour de 30 min pour aller prendre un pont en amont.

Il est midi quand on arrive au refuge Aspiring Hut aperçu la veille. On y espère pouvoir faire un feu, un peu de confort et surtout se mettre à l’abri.

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Malheureusement, le bois est trop humide. Les quelques flammes que nous arrivons tant bien que mal à maintenir une heure, font du bien au moral, mais ne nous sèchent en rien. Après avoir déjeuner et une accalmie, on repart. Deux heures plus tard, nous arrivons au parking.

Le retour aura été bien plus rapide, nous n’avons pas traîné. Lors de notre pause déjeuner on aura compris la raison pour laquelle mes chaussures ont pris l’eau. Celle-ci se faufile par le haut, mon pantalon de rando absolument pas étanche ni même déperlant, prend l’eau depuis le début, a longé mes mollets et s’est infiltrée. Voici donc notre récit de la French Ridge Hut terminé, la douche du soir aura été un pur moment de plaisir.


Quinze jours de vacances, pas de repos !

J’AI vécu ces quinze jours en Nouvelle-Zélande de façon totalement déconnectée, vivant les activités au jour le jour. Je me suis laissé guider. François, tel un métronome, m’emmènera faire de la spéléo à la recherche de vers luisants dans le secteur du Tongariro, nous fera rouler 30 km de VTT et se baigner dans des sources d’eau chaude à Taupo et ses environs. Il me conduira à la rencontre de la culture Maori sur le site de Te Puia à Rotorua. Me propulsera avec Céline et les enfants en luge à roulettes sur les pentes de Rotorua et laissera ma vie sur le fil de six tyroliennes plus longues et hautes les unes que les autres dans la canopée d’une forêt primaire toujours à Rotorua, toujours bien obligé d’accepter, c’était une demande de Laura pour son 13e anniversaire (activité géniale au demeurant).

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Queenstown, Wanaka et donc notre virée ci-dessus contée, ce fut au final quinze jours très denses. Un quotidien irréel, de par le côté grandiose du pays, la vision à chaque instant de paysages et de végétations époustouflantes.

Une réflexion sur “Une rando 100 % french, 100 % fraîche

  1. John tu as la plume de l’aventurier, chapeau!
    C’est fou comme des chaussures mouillées ne sont plus un détail… France il faut s’équiper!
    J’aurai bien aimé être avec vous dans ces montagnes du bout du monde, vivement le 4000m

    Bises
    Mat

    J'aime

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