Tongariro et Taranaki : virée de légende

Tongariro Alpin Crossing
Emerald lakes, image emblématique du Tongariro Alpine Crossing.

François – Mars 2019

SAC AU DOS, en solo, je suis parti il y a trois semaines à l’assaut des monts Tongariro et Taranaki, deux des plus hautes montagnes de l’ile du Nord. La légende maorie veut que ces deux montagnes étaient jadis voisines et vivaient en harmonie. Mais c’était sans compter sur Pihanga, petite mais resplendissante montagne qui s’enamoura du Tongariro, éconduisant par la même Taranaki. Sous le regard incrédule de Ruapehu et Ngauruhoe, les deux plus hauts sommets alentours, Taranaki s’en alla se consoler à l’ouest, ses larmes de désespoir donnant alors naissance à la rivière Whanganui.

Tongariro Alpin Crossing

Alors, laquelle de ces légendaires montagnes attaquer en premier pour ne point offusquer les dieux ? C’est finalement les prévisions météo qui ont décidé pour moi, désignant le Tongariro comme premier de mes deux rendez-vous.

En débardeur au petit matin

Retour donc à Whakapapa village. Retour, car c’est c’est là que début janvier nous nous étions arrêtés avec la famille Vallée, lorgnant sur une fenêtre météo nous permettant de faire la randonnée du Tongariro. Le ciel en avait décidé autrement…

J’ai réservé la première navette conduisant les randonneurs au départ. Réveil aux aurores, départ 7h du mat’. Pantalon de rando en bas, plusieurs couches en haut, je suis paré. Alors que ça pince quand même un peu, c’est un vieux loup des montagnes… en débardeur qui m’accueille dans le bus. Jamais froid les Kiwis…

Tongariro Alpin Crossing
Le Red crater, aussi spectaculaire qu’inhospitalier.

Les sandales de Bali

Direction le départ du Tongariro Alpine crossing. « Personne n’a prévu de monter avec ses sandales ramenées de Bali ? » interroge le chauffeur. Ce n’est pas qu’un trait d’humour : chaque année, des gens mal équipés trouvent la mort sur cette randonnée… Pas de quoi s’inquiéter pour autant. La journée s’annonce belle et c’est parti pour 20 bornes, 740 m de dénivelés positif, 1000 m de négatif.

 

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Les randonneurs en quête de ce must do sont déjà nombreux sur le parcours alors que le soleil pointe à peine. J’entends pas mal parler français autour de moi. Les premiers kilomètres sur le flanc basaltique du Ngauruhoe offrent déjà un superbe panorama. A l’ouest, les nuages embrassent encore l’horizon, laissant juste deviner tout au loin le mont Taranaki dont j’irai saluer le sommet deux jours plus tard.

Le royaume de Mordor

Rapidement, la majesté des volcans s’impose. Une fois arrivé dans le Red Crater, on se croirait sur la lune. A droite, le Mount Ngauruhoe me toise du haut de ses 2291 m. Pour les adeptes de la saga le Seigneur des anneaux, le Ngauruhoe c’est le mont Doom. Le cinéaste kiwi Peter Jackson a en effet planté en partie son royaume de Mordor dans les environs.

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Le Ngauruhoe, le mont Doom dans la saga du Seigneur des anneaux.

L’arrivée sur le sommet du Red Crater (1868 m) offre un fantastique panorama sur ce site hors-normes. D’un côté, la plaine encore nimbée de nuages ; de l’autre, en contrebas les iconiques Emerald lakes. Vert et bleu intenses posés sur le rougeâtre ambiant : la palette est incroyable. Cinégénique, ça c’est sûr. Un endroit idéal pour un premier casse-croute.

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Le deuxième des Emerald lakes.

Quelques kilomètres sur ce haut plateau volcanique et s’amorce la descente souvent décrite comme longue et pénible. Un peu certes, mais quel spectacle encore une fois. La vue sur les lacs de Taupo et Rotoaira est superbe. Un premier plan, un arrière plan, et un autre encore derrière : quelle profondeur !

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Les lacs Taupo et Rotoaira offrent une belle profondeur aux randonneurs.

Le Tongariro Alpine Crossing est la randonnée à la journée la plus prisée de Nouvelle-Zélande paraît-il. Un fois les 20 km dévorés, on comprend mieux pourquoi…

Sosie du mont Fuji

Deux jours plus tard, c’est à l’ouest, près de New Plymouth, au pied du Taranaki (13 km aller-retour) que je me présente. Que vais-je trouver ? Plusieurs Kiwis m’ont averti sur la difficulté et le danger que peut présenter l’ascension du Taranaki dans de mauvaises conditions climatiques. Il est 7h30. Et si la plaine est encore dans le brouillard, les flancs et le sommet de la bête sont dégagés. Tout bon pour cette ascension effectivement plus engagée que le Tongariro.

Le Taranaki (2518 m) est un cône parfait surgît de la plaine. On le compare souvent au mont Fuji au Japon. C’est ici qu’Edmond Hillary, Kiwi et premier homme à triompher de l’Everest, a fait ses classes.

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De la forêt surgit le Taranaki.

Après avoir rempli la feuille d’intention au centre du DOC – une feuille sur laquelle on indique notre ambition et les personnes à prévenir en cas d’urgence – je m’élance. L’approche est assez monotone, empruntant la piste qui conduit jusqu’au Tahurangi Lodge.

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L’approche est monotone côté sentier, mais permet de bien appréhender ce qu’il reste à faite !

Neige et froid

Les choses sérieuses – et donc amusantes, c’est quand même bien ça qu’on vient chercher ! – commencent ensuite. Zig-zag dans la roche volcanique, marches « coupe-pattes » et c’est déjà ce qui restera pour moi la partie la plus difficile de l’ascension qui se présente : le North Ridge. Une pente bien raide, sur plusieurs centaines de mètres, avec de la petite roche volcanique qui se dérobe volontiers sous les pieds. Un pas de 50 cm, et zou, on glisse sur 40 ! Le tout dans un vent approchant les 50 km/h.

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L’ascension du Taranaki offre quelques jolies pentes bien raides.

Arrive enfin le Lizard, un arête de rochers nettement plus facile à grimper. Quelques efforts et c’est le cratère sommitale. Grand comme trois terrains de foot, il est encore enneigé. Ma montre indique 6°C, mais balayé par le vent, le ressenti est encore plus froid. Encore quelques mètres et le sommet est dans la poche !

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Le cratère toujours enneigé.

Là encore, le spectacle est grandiose. D’un côté, une mer de nuages de laquelle surgît, là-bas au loin, le Tongariro ; de l’autre, un horizon dégagé jusqu’à l’océan. Le 360° est de toute beauté. On est une dizaine de personnes sur le sommet à cet instant. Une tranquillité qui sied bien à la pause casse-croute, à couvert du vent toujours aussi fort.

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Se trouver au-dessus des nuages : toujours une jolie sensation.

Le Tongariro était sur ma to do list. Le Taranaki s’y est rajouté en cours d’année. Deux monts liés par la légende qui permet de mieux tutoyer Aotearoa, surnom maori du pays, et son long nuage blanc.

 

 

2 réflexions sur “Tongariro et Taranaki : virée de légende

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